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« Le e-sport m’a tuer »

Byadmin

Nov 25, 2015

Il ne fait pas bon être un noob depuis quelques années. Pour un peu, il faudrait presque potasser des forums et des sites spécialisés durant un an avant de se lancer dans une partie, qui durera sans doute quelques semaines au mieux. Parce que le niveau devient dingue, parce qu’on rencontre de plus en plus souvent de véritables pros, on se demande sincèrement si le jeu en vaut encore la chandelle. 

Un phénomène qui explose

Difficile de dire à quand remonte le phénomène E-sport. Le vrai phénomène, les débuts d’un vrai changement. Les personnes qui se revendiquent professionnelles parlent souvent de 1997 comme point de départ, date de la création de la Cyberathlète Professional League.

L’E-sport, pour résumer, c’est passer du cap de bon joueur au stade de personne qui vit de sa passion. A la manière des geeks qui passent des heures sur des sites de poker en ligne et participent à des tournois de plus en plus cotés, le joueur de Starcraft, d’Heartstone ou des Shoot’Em Up Call Of Duty et autres machines à cracher des balles peut devenir professionnel. On peut d’ailleurs penser au très grand de champion de poker ElKy qui était à la base l’un des leaders de Starcraft. Cela veut dire sponsorisé par les développeurs de jeux, qui rémunèrent leurs services pour créer l’événement, défier des millions de naïfs d’en venir à bout, et faire du business en diffusant des vidéos et des extraits de LAN Party en ligne.

Des tournois qui attirent un public nombreux et génèrent des recettes faramineuses. Le sponsoring apporte la possibilité de se faire payer ses voyages pour participer à des tournois internationaux, récupérer ici et là du matériel sponsorisé, participer aux bêta tests des jeux et avoir déjà une longueur d’avance sur la piétaille qui viendra se fracasser plus tard sur son compte. On ne parle pas des récompenses en cas de victoire, qui peuvent flirter avec le million de dollars. Non, il n’y a pas de faute de frappe.

Tous les types de jeux y passent. Les jeux de stratégies et MMORPG en tête de file bien entendu, suivis des jeux de Shoot et même des jeux de baston. Oui. Les jeux de baston ont leurs icônes. Super street fighter, Tekken, et plus récemment Super Smash Bross. Il n’y a plus de limites, tant que les gains affluent et que les poissons mordent à l’hameçon.

L’E-sport tue-t-il le jeu en ligne ?

En 2007, les joueurs qui se lançaient dans des jeux en ligne se plaignaient déjà de la difficulté de résister aux agressions répétées et éhontées de gros tops contre lesquels absolument rien n’était possible, par exemple sur Age of Empires II et III. Tout comme au poker il y a des sharks et aux paris sportifs des gars qui en vivent à Malte et qui se marrent en voyant des types chercher des codes promo pour Netbet PMU histoire de se lancer, ici des pros nous donnaient déjà de belles leçons :

Certes, certains jeux ont eu le mérite de vouloir y faire quelque chose. On peut par exemple citer Ogame qui comportait une règle de protection des noobs. Tant que les joueurs n’avaient pas accumulés 5 000 points au classement, ils ne pouvaient pas être attaqués par des joueurs bien et même très moyennement classés. Aussi rentables qu’ils aient pu être sur une attaque, ce système permettait aux joueurs de s’accrocher, de développer une compétence et un savoir jouer minimum avant d’entrer dans le grand bain. Inutile de dire que la plupart se faisaient dépecer dans l’heure même où leur protection sautait et que la proportion de joueurs qui serraient les dents et continuaient était de moins de 25 %. Et pour ce jeu, pas de pros, seulement des no life.

Ce n’est malheureusement pas le cas de tous les produits vidéos en ligne, qui drainent des centaines de milliers de joueurs et proposent des options payantes  pour surmonter les difficultés des noobs assurant des rentrées financières conséquentes.

L’E-sport dénature le jeu en transformant un produit à la base ludique en un produit de marketing. Il donne l’image d’une quête de l’absolue perfection. Plus de place pour du jeu détente, pour de l’amateurisme, pour des erreurs de débutants, ou simplement pour le jeu vidéo en tant qu’activité parmi tant d’autres. Pour les plus jeunes, cette image est désastreuse. Elle ne laisse pas de place au doute. La seule voie qu’il est possible d’emprunter, celle des vrais joueurs, c’est l’E-sport. Il faudra attendre davantage de maturité de la part des gamers pour qu’ils puissent faire la part des choses et cessent de se lancer dans cette quête de la perfection et du professionnalisme.