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Les consoles sont-elles en train de perdre leurs derniers avantages face aux PC ?

Byadmin

Nov 2, 2015

Il est loin le temps des vénérables Nintendo, Sega et autres Playstation des débuts : faciles à brancher et à jouer sans prises de tête, elles étaient les stars de nos salons. C’était l’âge d’or du Plug and Play, du divertissement en toute simplicité : aujourd’hui, les mises à jour et patchs incessants les rendent  parfois aussi pénibles que les PC, sans pour autant atteindre la même puissance.  Les consoles grand public ont-elles fait leur temps ?

La console, un PC presque comme les autres ?

La fin des univers…

Avec leurs formes rondes et enfantines, les consoles d’autrefois ne se vendaient pas simplement comme des machines, mais comme des univers : la guerre des consoles, c’était avant tout la guerre de Mario contre Sonic.

 

Mario vs Sonic

Mais ce temps semble aujourd’hui révolu : on n’associe plus les consoles à un univers qui leur est propre, mais à des caractéristiques techniques. La puissance et les graphismes sont devenus les premiers critères de choix d’une machine, loin devant l’expérience de jeu et la convivialité. La disparition progressive des modes multijoueurs en split screen (écran divisé) est un bon exemple de l’évolution des consoles vers un jeu moins convivial, plus solitaire.

La Playstation 4 et la Xbox One se tirent ainsi la bourre en mettant en avant leurs composants, bien qu’elles utilisent un processeur identique avec quelques différences sur la carte graphique. Seule la Wii U de Nintendo semble encore conserver cet esprit qui fait qu’une console est plus qu’une simple machine à faire tourner des jeux, en proposant un véritable univers basé sur des personnages emblématiques et en y ajoutant des périphériques originaux (Wii U Gamepad, Wiimote…).

Consoles

… le début de la prise de tête

A priori, les consoles sont sensées avoir au moins un point commun qui les différencie des PC : la facilité d’utilisation. Pour commencer à jouer, il suffit de brancher : manette en main, écran de télévision allumé, il n’y a ensuite qu’à se laisser guider.

Mais ça, c’est sur le papier : en réalité, tout joueur de console moderne passe par de nombreuses prises de tête. A tel point qu’il en vient à se demander si sa console n’est pas un PC comme les autres.

Votre console à peine sortie du carton, vous pensiez pouvoir jouer rapidement ? Il faudra d’abord passer par des mises à jour souvent obligatoires au démarrage. Pour certains jeux, il faudra ensuite télécharger des patchs interminables, souvent dès la première partie.

Tout cela ne devrait pourtant pas être nécessaire, mais depuis que les consoles de salon sont reliées au web, les éditeurs se permettent de sortir des jeux dont la finition est limite, voir des jeux pas fini du tout, puis de corriger ultérieurement par des patchs. Qui a dit Assasin’s Creed Unity ?

D’ailleurs, les contenus additionnels sont devenus fréquents. On achète parfois un jeu à tiroirs, avec des packs à télécharger (en payant) pour avoir une version vraiment complète.

Enfin, l’obligation d’être connecté à internet pour profiter de mises à jour amène une certaine fracture au sein des joueurs : une console sans accès à internet est condamnée à être obsolète : le but d’une console devrait pourtant être de fonctionner directement.

La puissance et l’évolutivité en moins

Nous venons de le voir, les consoles de salon présentent de plus en plus les mêmes défauts que ceux reprochés aux PC (téléchargements nécessaires, bugs, mises à jour permanentes, longues heures de configuration…). On leur pardonnerait bien si au moins elles se rapprochaient des PC en terme d’affichage et de performances in-game. Car c’est bien beau d’afficher que l’on a un processeur à 8 coeurs, mais la réalité, c’est que certains jeux de dernière génération doivent être bridés pour pouvoir tourner sur les consoles “next gen” :

  • Fluidité visuelle du jeu limitée (Souvent à 30 images par secondes, contre 60 voir 120 sur certains PC ; on vous en parle dans cet article)
  • Résolution baissée à 1600×900 au lieu de 1920×1080 sur PC, voir jusqu’à 4096 x 2160 pour les quelques joueurs équipés d’un écran 4k

Il en ressort souvent une expérience de jeu franchement frustrante et limitée par rapport aux PC gamers.

Les architectures techniques des consoles de salon se rapprochent très fortement de celles d’un PC, mais la puissance en moins. Au point que certains se demandent s’ils doivent investir dans une console de salon, dédiée à 100% au jeu, ou dans un PC polyvalent. Il faut avouer que lorsque le prix de lancement d’une console dépasse les 400€, et que les jeux frôlent parfois les 70€, on en vient à se dire qu’un bon vieux PC, c’est la liberté, non ? Et bien, c’est vrai. 

On est loin du temps où la meilleure console coûtait aux alentours de 1 000 francs : avec la PS2 puis la 3, tout le monde a suivi le mouvement pour faire débourser 300€ ou plus, avec des jeux dont le prix a bien augmenté. Même en écumant les sites de bons plans à la recherche d’une réduction sur Amazon ou d’un code promo sur Priceminister, il devient clair que se lancer sur une console, c’est débourser au moins 300€ + l’équipement + les jeux.

C’est la grande différence majeure et historique entre consoles et PC. Alors que les gamers les plus assidus ont déjà mis leur nez dans leur machine, et font évoluer leur « config » selon leur budget et leurs besoins, les joueurs console sont condamnés à jouer avec une machine figée. A quoi bon l’ouvrir ? Changer la carte graphique ? Changer de processeur ? Pas possible. La console, c’est une immobilisation de 400 à 500€, qui équivaut à un PC de puissance moyenne, obsolète après 3 ou 4 ans. Le rythme de renouvellement des consoles les rend aujourd’hui dépassées bien plus rapidement ; encore un coup de la loi de Moore

Parce que nous évoquons la notion de prix, continuons sans détours. La guerre que se livrent les géants de l’industrie du jeu vidéo est une guerre économique. Nous sommes les premiers à nous féliciter de voir les jeux vidéo devenir un pilier des dépenses culturelles et ludiques. Mais la guerre économique n’est pas douce pour le porte-monnaie. Les consoles coutent toujours plus cher au lancement (le point ayant été atteint avec la PS3, pourtant vendue à perte pendant près de 5 ans). A l’inverse, le prix d’une bonne configuration sur PC ne cesse de baisser. Flexible, un PC dédié au jeu peut s’acheter dès 600 à 700€. Avec une carte graphique plus puissante, et un processeur haut de gamme, il fera tourner tous les jeux sortis cette année sans problème à 900 / 1000€.   

L’objectif du jeu vidéo est le même sur tous les supports, PC ou consoles : s’amuser. Aujourd’hui, il est possible de prendre autant de plaisir devant sa télévision que devant son écran d’ordinateur. Mais l’avenir des consoles de salon est un véritable sujet, à l’heure ou une convergence technique est observée, et où les consommateurs, bien que passionnés, surveillent leurs dépenses. Serons nous tous équipés demain de steams machines, ces PC déguisés en consoles qui s’invitent dans les salons ? Les consoles de 9e génération seront-elles les dernières ? Le débat est lancé.