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Nintendo, le dernier des Mohicans ?

Byadmin

Avr 4, 2016

Nintendo s’inscrit dans la même logique aujourd’hui qu’à ses débuts dans le jeu vidéo : des licences de qualité et des innovations marquant une nouvelle étape de l’industrie. Pour cela, la firme nippone s’appuie sur des personnalités et des licences fortes comme Super Mario. Telle un Apple des jeux vidéos, elle mise sur la conception de la console, de son système d’exploitation, et également de jeux uniques. La marque est en réalité la seule à prendre des risques, qui peuvent payer comme la desservir…

Des personnalités et des licences mythiques

Plusieurs personnalités de la société représentent le modèle Nintendo. Hiroshi Yamauchi, qu’on a pu comparer à Steve Jobs,  est le dirigeant qui a décidé du tournant vers les jeux vidéo à la fin des années 70. La compagnie était alors spécialisée dans les jeux de cartes. Pour accompagner cette vision novatrice, Yamauchi s’est entouré de jeunes créateurs devenus des légendes. Parmi eux, le célèbre Shigeru Miyamoto, père de Donkey Kong, jeu sur borne d’arcade créé en 1981, puis de Super Mario, de Zelda, de Star Fox et bien d’autres. Considéré comme le directeur artistique officieux de Nintendo, il a assuré l’intérim de la présidence après la mort de Satoru Iwata, le président de 2002 à 2015 ayant lancé la Wii et la Nintendo DS.

En plus de s’appuyer sur des personnalités sur lesquelles elle peut compter et qui lui sont indissociables, Nintendo s’appuie sur des licences transgénérationnelles et exclusives. Mario, Zelda ou Donkey Kong et de nombreux jeux rétro pour les amateurs du genre sont omniprésents de la NES à la Wii U. Seule Nintendo peut se vanter d’avoir réinventé un jeu tel que Mario Kart 8 sur autant de plateformes.

Mario Kart$

La différence entre la compagnie Nintendo et ses concurrents Sony et Microsoft, c’est qu’elle ne s’inscrit pas dans une compétition sans pitié où l’on se vole les idées et les éditeurs. Elle en a même été victime avec l’épisode de Square Enix et de son Final Fantasy, passés chez Sony en 1995. Le dernier Tomb Raider, ancien fer de lance de PlayStation et aujourd’hui exclusivité Xbox One jusqu’en novembre 2016, illustre également cela. Qui imaginerait Zelda passer chez les concurrents ?

Nintendo à l’épreuve des jeux sur smartphones

Satoru Iwata, récemment décédé, a longtemps lutté contre les jeux sur smartphones. Il s’était fait un devoir de ne pas faire rentrer Nintendo dans ce marché. Pour lui, le smartphone n’était pas une plateforme adaptée pour le jeu vidéo. Les jeux étaient affectés par les prix trop faibles et par le modèle économique du Free to Play, qu’il appelait le « Free to Start ».

En outre, l’expérience utilisateur et plus généralement la philosophie de la marque est en jeu. La prise en main n’est pas optimale, la qualité des jeux est passable voire mauvaise, et une différence trop importante entre les différentes performances des smartphones fait que les jeux sont construits au rabais. Certes, les vrais gamers préfèrent de toute façon les jeux sur PC, mais l’enjeu est ici une expérience grand public cherchant un divertissement convivial sur une plateforme simple.

Aujourd’hui encore, la GameBoy lancée en 1989 par Gunpei Yokoi, autre figure importante de Nintendo, est bien plus plaisante à jouer qu’un des derniers jeux sur smartphone. Pourtant, il est clair que voir débarquer Mario sur l’Apple Store ravirait bon nombre de gamers ; seuls les plus accros et les nostalgiques s’en sortent en utilisant un émulateur. Mais encore une fois, le modèle économique n’aurait rien à voir…

Emulateur gameboy